Chaque jour, dans les cabinets, les cliniques, les hôpitaux, des centaines d'instruments circulent de mains en mains, de patient à patient. Entre un examen gynécologique et une auscultation, entre un prélèvement et un soin, ces dispositifs médicaux sont les témoins silencieux de notre fragilité. Mais un geste oublié, un protocole mal exécuté, et ce matériel de soin devient porteur de contamination. La désinfection des instruments est bien plus qu'une obligation règlementaire : c'est la barrière contre la propagation des germes, des bactéries et des virus d'un patient à l'autre.
Les professionnels de santé le savent : les surfaces contaminées favorisent la prolifération des microorganismes pathogènes. Une action bactéricide insuffisante expose les patients aux infections nosocomiales, ces maladies acquises lors d'un séjour en établissement de santé. Le personnel soignant n'est pas épargné par ces risques professionnels. Assurer une propreté impeccable, c'est maintenir la confiance de tous dans le système de santé.
Selon la classification de Spaulding, reconnue par les normes européennes, les dispositifs médicaux se répartissent en trois catégories selon leur niveau de risque infectieux. Attention, cette classification n'est pas la même que celle du règlement européen qui classe les dispositifs médicaux en 4 classes : I, IIa, IIb et III. Les instruments non critiques, comme les tensiomètres ou les stéthoscopes, entrent en contact avec la peau intacte et nécessitent une désinfection de bas niveau. Les dispositifs semi-critiques, tels que les colonoscopes ou les sondes endocavitaires, touchent les muqueuses et nécessitent une désinfection de niveau intermédiaire avec une activité bactéricide, fongicide et virucide. Enfin, les instruments critiques, comme les pinces à biopsie ou les scalpels, traversent les tissus stériles et exigent une stérilisation complète, y compris des spores les plus résistants.