Les gels Aniosgel 85 NPC et Aniosgel 800 figurent côte à côte dans beaucoup de catalogues hospitaliers. Sur les bons de commande que nous traitons en tant que distributeur référencé Ecolab Anios, la confusion entre les deux références revient régulièrement. Le numéro change, la concentration en éthanol aussi, et avec elle le spectre d'activité. Ce guide compare les deux formulations sur des critères concrets : normes, spectre antimicrobien, formats disponibles, tolérance cutanée et contextes d'usage adaptés à chaque gel.
Deux formulations Anios, deux niveaux de protection.
La différence entre l'Aniosgel 85 NPC et l'Aniosgel 800 tient d'abord à leur concentration en éthanol. Le 85 NPC titre à 700 mg/g d'éthanol (soit environ 70 % p/p). Le 800, lui, monte à 800 mg pour 100 g de produit (80 % p/p, soit 83,8 % v/v). Ces dix points d'écart ne sont pas anecdotiques. Ils déterminent directement la vitesse d'action et l'étendue du spectre antimicrobien.
L'OMS recommande, dans ses lignes directrices sur l'hygiène des mains au cours des soins, une concentration en alcool comprise entre 60 et 80 % pour un produit hydro-alcoolique destiné à la friction (source : OMS, WHO guidelines on hand hygiene in health care, 2009). L'Aniosgel 800 se cale donc sur la borne haute de cette fourchette. Le 85 NPC reste dans l'intervalle, mais avec une marge de manœuvre plus réduite sur les souches les plus résistantes.
Petite parenthèse technique : les deux gels sont des biocides classés TP1 (produits désinfectants pour l'hygiène humaine) au sens du règlement (UE) nᵒ 528/2012. Ce ne sont pas des dispositifs médicaux au sens du règlement MDR 2017/745, une distinction que l'on voit encore mal comprise sur certaines fiches. En pratique, cette classification n'affecte pas leur usage au quotidien dans les services de soins, mais elle a son importance pour les achats et les procédures de pharmacovigilance.
Ce que disent les normes : décryptage du spectre antimicrobien
Le sujet est moins simple qu'il n'y paraît. Quand une fiche technique indique "bactéricide EN 13727 en 30 secondes", cela signifie que le produit a démontré en conditions de laboratoire, sur les souches de référence imposées par la norme, une réduction logarithmique suffisante de la charge bactérienne en un temps de contact de 30 secondes. La SF2H, dans son guide de 2018 Hygiène des mains et soins : du choix du produit à son utilisation et sa promotion, rappelle que cette performance in vitro doit être complétée par la conformité aux normes d'application in vivo : NF EN 1500 pour la désinfection hygiénique des mains, NF EN 12791 pour la désinfection chirurgicale (source : SF2H, Hygiènes vol. XXVI n°1, mars 2018).
Sur ce terrain, les deux gels ne jouent pas dans la même catégorie. L'Aniosgel 85 NPC couvre le socle de base : bactéricidie (NF EN 1040, NF EN 13727), levuricidie (NF EN 13624) et virucidie partiel (NF EN 14476 sur virus enveloppés). C'est le profil attendu pour un gel hydroalcoolique professionnel utilisé en soins courants.
L'Aniosgel 800 élargit significativement ce spectre. Aux performances bactéricides, il ajoute la mycobactéricidie (NF EN 14348, 30 secondes), la conformité à la norme NF EN 14476 sur le poliovirus (60 secondes), l'adénovirus et le norovirus murin (30 secondes), ainsi que la virucidie large spectre selon NF EN 17430 (30 secondes). Cette dernière norme, plus récente, évalue l'activité virucide contre les virus nus nettement plus résistants que les virus enveloppés. C'est ce qui qualifie l'Aniosgel 800 pour la friction chirurgicale des mains, en plus du traitement hygiénique.
Les normes NF EN 1500 (traitement hygiénique) et NF EN 12791 (désinfection chirurgicale) constituent les exigences minimales que la SF2H recommande de vérifier lors du choix d'un produit hydro-alcoolique en établissement de santé.